Rivarose, la reine des bulles en Méditerranée. Rencontre avec Florian Migeon.

Par Isabelle Escande

Depuis plus d’un siècle, la maison Rivarose produit de savoureux vins effervescents, appréciés aujourd’hui dans le monde entier. Véritable référence en matière de bulles provençales, elle est l’ambassadrice d’un certain art de vivre, celui du Sud de la France… Aujourd’hui, nous avons eu le plaisir de rencontrer Florian Migeon, Directeur Marketing de cette maison d’exception.

Créée en 1909, la maison Rivarose peut se targuer d’une longévité qui n’a rien à envier à celle de grandes maisons champenoises et bourguignonnes. En quelques mots, quelles sont les clés de cette réussite ?

Pour revenir à l’histoire, la maison a été créée en 1909 en Provence. Elle s’appele à l’époque Royale Provence et elle est née à une époque où les méthodes oenologiques évoluent rapidement, poussées par la hausse de la consommation. À l’origine, la maison a été fondée pour produire et vendre des vins de base pour la champagnisation. C’étaient des vins qui remontaient en Champagne et qui servaient à la vinification avant les lois de l’appellation. La maison avait développé une compétence sur une méthode, que l’on appelait à l’époque champenoise, et fournissait des raisins, des vins, des jus à la Champagne, et faisait également des prises de mousse. Le succès de la maison repose sur quatre piliers : qualité, audace, innovation, adaptation.

Une expertise reconnue obligée à se renouveler avec la création des appellations contrôlées dans les années 1930. Les maisons champenoises sont alors obligées de se fournir en Champagne…

Les lois ont changé dans les années 1930. Avec les lois de l’appellation, la maison, ne pouvant plus fournir de vins à la Champagne, s’est mise à les produire pour elle-même et a développé une compétence très spécifique d’élaboration de vins effervescents dans le Sud de la France, une région où cette pratique n’était pas particulièrement courante, ce qui a constitué le caractère différenciant de la maison Royale Provence qui, par la suite, est devenue la maison Rivarose. 

Depuis 2016, le label “Méditerranée” a enfin été reconnu pour les vins effervescents de la région après plusieurs années de lutte. En quoi cette reconnaissance, par le Conseil d’Etat, est-elle importante pour vous ?

Alors, c’était vraiment la reconnaissance d’une origine, d’une indication géographique, qui donne un caractère spécifique à ce vin “effervescent”. En fait, il y a plusieurs catégories d’effervescents. Vous aviez les effervescents d’appellation et les vins mousseux et entre les deux, vous n’aviez pas la possibilité de mentionner l’origine. Cette législation est venue encadrer cette démarche, qui consiste pour nous à produire un grand vin effervescent à partir des raisins de la « French Riviera ». 

L’IGP Méditerranée obtient le droit à l’effervescence et la légitimité de produire des bulles…

Aujourd’hui, vous avez en effet : les effervescents d’appellation (champagnes en tête et les crémants des différentes régions), les vins mousseux qui se trouvent plutôt dans l’entrée de la gamme, et nous nous situons à mi-chemin, sur de l’indication géographique, c’est dire une zone géographique bien définie, mais plus grande que celle des AOC. 

Encadrés par cette législation, nous pouvons maintenant faire des vins effervescents sous l’IGP Méditerranée. Le nom est plus satisfaisant pour nous dans le sens où il renvoie à l’idée qui se trouve derrière Rivarose, celle de promouvoir l’art de vivre du Sud de la France au travers d’un vin effervescent. C’est donc bien de pouvoir mettre en avant l’origine des raisins et de la production de nos cuvées. 

Avec cette estampille “Méditerranée”, un peu plus glamour que celle de “vin de France”, vous faites de l’ombre à d’autres territoires du Sud et à leurs productions. On pense, par exemple, au Prosecco italien. Qu’est-ce qui différencie, selon vous, le vin effervescent labellisé en IGP “Méditerranée” de ses confrères européens ?

Alors si on se compare avec le Prosecco, la principale différence c’est que le Prosecco est fait à partir d’une variété unique, je ne vais pas dire “neutre”, mais qui présente assez peu d’aspérité. Et nous, on est sur un vin d’assemblage du Sud de la France. La  syrah et le grenache sont les raisins qui sont utilisés pour vinifier le Rivarose et vous avez aussi six mois d’élevage à réaliser, ce qui nous différencie également du Prosecco. On va donc avoir un caractère plus complexe, plus riche, sur cette IGP Méditerranée, grâce aux contraintes d’élevage que nous avons.

Et le Cava catalan ?

Et si on se compare plutôt au Cava, là c’est différent. On se considère moins concurrent du Cava dans le sens où il s’agit d’une méthode traditionnelle, donc on le considère plutôt comme un concurrent de nos Crémants de Bourgogne, dont on est leader en France avec la marque Veuve Ambal. Mais ce n’est quand même pas la même démarche, et on ne se considère pas concurrent frontal du Cava avec Rivarose. 

Votre produit phare est un rosé effervescent aux fines bulles et d’une grande fraîcheur qui s’apprécie particulièrement durant la période estivale. D’où lui vient ce profil raffiné et vif ? 

Rivarose a développé une très grande compétence dans les vins effervescents méridionaux, c’est notre spécialité de piloter la vigne pour obtenir des raisins qui seront les raisins parfaits pour faire des effervescents avec de la fraîcheur et de la vivacité. 

 C’est aussi l’ADN de la marque : la capacité d’accompagner les producteurs de raisins vers la production de raisins parfaits, qui nous permettront de transformer ces jus en des vins de très haute qualité, des vins qui vont vraiment garder une grande buvabilité. Si vous allez trop loin dans les degrés, vous récoltez quelques jours trop tard, vous pouvez vraiment développer des caractères indésirables, de l’oxydation, des nuances qui vont être assez écœurantes au final. On va boire un verre ou deux, mais on n’aura jamais l’envie d’y revenir. Chez nous, on a vraiment cette compétence pour accompagner nos producteurs dans la date de vendange. Cela permet d’élaborer des vins effervescent frais et agréable. 

L’art des vendanges… de nuit ?

Ce ne sont pas des vendanges nocturnes. Elles se font à l’aube, sur des horaires extrêmement tôt le matin pour éviter d’avoir des fermentations qui commencent pendant le transport des raisins. Notre compétence, c’est ça, mais aussi une somme de petits détails.

C’est notamment une organisation parfaite entre les équipes, dans les vignes, à la vendange, et à la réception. C’est un savoir-faire au niveau des programmes de presse. Comment presse-t-on correctement les raisins pour extraire les jus qui iront parfaitement pour la vinification… Toutes ces expertises sont des compétences spécifiques de la maison Rivarose au travers du groupe. En fait, il s’agit plus d’une somme de détails très particuliers et très précis aux vins effervescents, plutôt que d’un facteur qui serait explicatif de ce succès d’arriver à faire un effervescent frais et vif dans le Sud de la France

Ce rosé effervescent offre des notes d’agrumes et un nez de framboise et d’épices douces typiques de la Syrah. Quel est le moment idéal pour le déguster et avec quoi l’accompagner ?

Il est idéal pour un début de déjeuner et un début de soirée, pour bien commencer une soirée d’été, c’est parfait. C’est un vin d’apéritif globalement. On peut aussi l’accompagner sur des plats et en faire quelque chose d’un petit plus gastronomique, mais c’est vraiment un vin de plaisir, sur des notes d’agrumes, de pamplemousse, avec de la richesse. On le conseille, pour le dire de façon moderne, sur des recettes de finger food, ou dans sa version espagnole, sur des tapas, notamment dans une ambiance marine avec des crustacés et des choses de ce type-là. C’est vraiment très agréable cette combinaison. La fraîcheur et la minéralité du vin viennent soutenir le côté iodé des crustacés. C’est donc plutôt un vin pour accompagner des moments de convivialité et de partage. 

Peut-on le consommer également en cocktail ? 

On n’a pas fait énormément d’essais en mixologie parce que, comme on a une approche en Indication Géographique, on ne voulait pas trop perturber le message. Par contre, il y a des choses assez simples qui peuvent se faire, si on veut rester dans le côté provençal. On peut, par exemple, ajouter un sirop de lavande, ou des ingrédients semblables qui se trouvent dans le Sud de la France.

Une autre chose qui se fait assez bien aussi, c’est de couper quelques fruits frais, une pêche jaune par exemple, et d’ajouter les morceaux à votre coupe assez large de Rivarose Rosé. Ça va un peu infuser, donner une touche sur le fruit, et légèrement sucrer l’ensemble. C’est assez sympathique et particulièrement sur les milieux de soirée…

Rivarose, c’est l’idée de promouvoir l’art de vivre du Sud de la France au travers d’un vin effervescent

Florian Migeon

Vous avez dernièrement lancé la version en blanc de votre vin effervescent : Le Brut Prestige Blanc, réalisé à partir de deux cépages méditerranéens, l’ugni blanc et le vermentino. Parlez-nous un peu de cette nouvelle cuvée. 

Alors en fait c’est une cuvée qui est vraiment née d’une demande de nos clients sur nos marchés. Et puis aussi les cépages s’y prêtaient. Cet assemblage d’ugni et de vermentino, un peu exotique même dans le Sud de la France, donne une richesse assez intéressante tout en gardant, avec les températures contrôlées et tout ce dont on a parlé au niveau de la vigne, une fraîcheur et un côté ciselé au vin.

Ça nous semblait une poursuite naturelle du projet de mettre en avant ces cépages du Sud, car on avait des ressources autour de nous et qu’ils étaient très qualitatifs. On a souhaité avoir une référence de notre Rivarose en blanc dans le même esprit que notre rosé, avec ce côté art de vivre du Sud

Vous proposez aussi un produit tout à fait original qu’on n’a pas l’habitude de voir sur le marché français : votre rosé en canette ! Si ce format connaît, aujourd’hui, un grand succès, aux États-Unis ou encore en Espagne, il a du mal à s’imposer en France où l’idée de déguster du vin dans un contenant en aluminium ne fait pas l’unanimité… Que diriez-vous aux consommateurs français pour les convaincre ?

On ne considère pas devoir convaincre le marché français de consommer du vin en canette. On a fait la canette pour certains marchés, en particulier les États-Unis, où le vin comme rituel n’a pas la même importance qu’en France. Le bouchon en liège et le vin en canette restent encore compliqués sur le territoire français. Nous, on croit dans les formats individuels, en revanche on n’a pas fait d’effort très particulier pour convaincre notre marché domestique de boire des canettes. 

On a produit ce vin en canette, parce qu’on a des demandes sur des marchés qui eux n’y voient pas d’inconvénients, mais au contraire des bénéfices, notamment au niveau de la matière, l’aluminium, qui est recyclable et léger. L’avantage aussi d’une consommation individuelle et de pouvoir mettre facilement une canette dans une glacière. On a des marchés sur lesquels ça fonctionne bien. 

En revanche, en France, si on devait faire des petits formats individuels, ce serait plutôt des contenants en verre. Mais, il y a certains marchés français où ce format peut avoir un certain intérêt, comme le yachting, mais ça reste un marché de niche. 

La canette, c’est aussi une nouvelle façon de consommer le vin, plus décomplexée, nomade et informelle. S’agit-il d’une nouvelle approche qui vous séduit ?

Rivarose, c’est aussi une chaîne de production qui est capable de s’adapter à différents formats et qui travaille en permanence à la recherche de nouveaux formats qui puissent convenir à la prochaine génération de consommateurs de la marque. On fait des essais que ce soit en demi-bouteille, de 37, 5 cl, mais aussi sur des plus petits formats de 25 ou 33 cl. On fait des tests à la fois sur ces mises en bouteille, sur le maintien du produit dans ce type de contenant, souvent en verre blanc.

 On croit beaucoup dans les formats individuels, notamment pour ce type de produit où justement on peut avoir envie de le partager, mais ça peut être aussi un bénéfice pour le consommateur de le trouver dans une portion individuelle. 

Quel est le prochain projet de la maison ? Peut-être une nouvelle aventure dans le sillon d’une tendance qui s’affirme dans le monde viticole aujourd’hui, celle des vins peu alcoolisés ou carrément sans alcool…

On a beaucoup de projets chez Rivarose. On travaille sur les formats, donc il y a des choses qui pourraient arriver bientôt et dans la tendance des produits moins alcoolisés ou pas alcoolisés, ce ne sera pas avec la marque de Rivarose, mais sur le site de production de Rivarose.

On travaille sur des projets de produits qui vont répondre à des attentes de consommation différentes, notamment cette recherche de plus en plus grande de produits désaltérants et rafraîchissants. Toujours avec un petit peu d’alcool, ils ne titrent pas forcément à 11° ou 12°. On travaille sur un spritzer à 5° d’alcool et en format à partager et individuel. Mais ce ne sera pas sous la marque Rivarose, on ne veut pas créer de la confusion. Rivarose reste une maison Sud de france, Indication Géographique, qui produit ses vins à Salon-de-Provence. Et on considère que, si on lançait ce type de produits sous la marque Rivarose, ce serait assez confusant par rapport aux concepts et à la notion Art de vivre du Sud de la France. 

Florian Migeon, merci pour cet entretien. On a bien hâte de découvrir ces nouveaux projets, mais pour l’instant on prend le temps de savourer ces fines bulles de Méditerranée. Cap vers la Provence !

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Rivarose Brut Prestige Rosé

Avec ses notes de framboise et d’épices douces, caractéristiques de la Syrah, combinées à une touche de pamplemousse, ce rosé d’une grande finesse accompagnera à merveille vos apéritifs estivaux !

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Rivarose Brut Prestige Blanc

Réalisé à partir de cépages méridionaux à Salon-de-Provence, ce vin de plaisir séduit par ses fines bulles et sa grande fraîcheur.

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