Les monuments historiques du vin

Les monuments historiques du vinLe vin, on le sait tous (du moins on l’espère), c’est un véritable produit de la nature, né de la conjonction du sol, de la vigne et de l’homme. On ne s’étonne donc pas de voir des châteaux tout aussi prodigieux érigés dans les vignobles, ou d’y trouver de vrais trésors. Mais saviez-vous que certains d’entre eux sont de véritables monuments historiques ?

Le Château de Mayragues

Il est logé au coeur du vignoble de Gaillac dans le Tarn, situé dans le village de Castelnau-de-Montmiral – par ailleurs classé dans les plus beaux villages de France, ça ne s’invente pas. Acquis à l’état de ruine en 1980, les propriétaires de ce château médiéval y mettent toute leur énergie pour le restaurer, grâce notamment à l’aide de volontaires et d’artisans locaux. En 1998, ce dur labeur est gratifié par le Grand prix des Vieilles Maisons Françaises.

Il faut savoir que le site est une véritable mine d’or historique à lui tout seul. Il foisonne de vestiges préhistoriques, de petits trésors tels que des tessons et objets romains du 1er siècle. Pas surprenant que l’on trouve des dolmens et menhirs à proximité, tandis que le village voisin fut un centre important de tailles de Silex.

Et puis il y a le château en lui-même – on y arrive, pas d’inquiétude. Construit au XIIème siècle puis agrandi au XVIIème par la famille de Tonnac, c’est une demeure digne des contes de fées. L’architecture fortifiée régionale de la bâtisse révèle un chemin de ronde en encorbellement au-dessus d’une majestueuse structure en pierre. Cette oeuvre d’art – c’est bien ce dont il s’agit – est inscrite à l’inventaire des Monuments Historiques depuis 1960. Tout comme un pigeonnier à quatre colonnes de pierre élevé près du chai, typique de la région. On ne fait pas les choses à moitié, au Château de Mayragues.

La vigne de Sarragachies

Attention ici, on parle d’un monument historique bien particulier puisqu’il est… vivant. Plus précisément, c’est la vigne de Sarragachies qui a obtenu ce titre en 2012. Ou plutôt une petite parcelle de cette vigne du Gers, propriété du vignoble de Plaimont Producteurs, possédant d’ailleurs certaines des plus anciennes souches de France. Une vingtaine de cépages y ont été repérés, certains datant de 1830 ! Ils témoignent de méthodes de culture ancestrales, un mode de viticulture aujourd’hui éteint.

Accrochez-vous bien, on ne s’arrête pas là : cette parcelle possède des cépages si anciens que sept d’entre eux sont encore inconnus et non greffés. Comment est-ce possible ? Appartenant au piémont pyrénéen, ces variétés ont résisté à la crise du phylloxéra à la fin du XIXème siècle. De véritables survivants qui attestent un exemple exceptionnel de biodiversité et de patrimoine génétique.

Le Clos d'entre les murs

Le Clos d’entre les murs

Cette histoire n’a pas autant défrayé la chronique que celle de la vigne de Sarragachies, mais elle vaut tout de même le détour. Direction 1884 à Saumur, en Maine-et-Loire. Antoine Cristal y élabore une technique de plantation unique au cœur des vignobles : le Clos d’entre les murs. Ce lieu bénéficie d’un ensoleillement maximal qui permet une bonne maturité des raisins. Un procédé peu rentable, mais qui donne naissance à des vins exceptionnels. Cette petite parcelle est classée aux monuments historiques depuis 2010.

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