Le vin de Grèce

Par Alberto Martínez

À peine installée sur la route du tourisme oenologique, la Grèce s’est faite remarquée par sa production de vins notablement forts et généreux, en consonance avec ses dieux mythologiques.

Jalouse de ses grands penseurs, Helias, tel qu’elle est nommée par les locaux, est réputée dans le monde comme étant le nid de la civilisation et de la logique. Ses ruines bien conservées, témoins de son passé et de la conquête romaine, reçoivent chaque année des millions de touristes anxieux de découvrir, au tournant d’une rue, à Platon en pleine dissertation au milieu d’une place.

Cependant, de nos jours la Grèce s’affiche, non seulement comme un des meilleurs producteurs d’huile d’olive du monde, pilier fondamental de sa cuisine, mais aussi pour son travail infatigable qui tente faire revivre les racines de ses vignes ancestrales. Ceci lui permettrait de se placer au devant de la scène touristique comme une destination intéressante pour les oenophyles, grâces à ses vins rouges « puissants », ses jus blancs frais, ses liqueurs considérées comme exceptionnelles et une feuille de route qui occupe une grande partie de son territoire.

Il se raconte que le poète légendaire Virgile, auteur de la mythique Eneide, répétait toujours qu’en Grèce il était plus facile de compter les grains de sables de la plage que d’énumérer ses variétés de raisins. C’est probablement dû au fait qu’il existait plus de 300 variétés de cépages différentes que Virgile avait du mal à les mémoriser. Il existe 150000 hectares de vignobles divisés en neuf régions, selon Illias Anagnostakis (du département d’Études Médiévales de la Fondation de Recherche Nationale Hélène à Athènes et de l’Institut de Recherche Byzantin). Il écrit dans le livre The Illustrated Greek Wine Book que la vinification de ces centaines de raisins est une tradition millénaire qui précède même l’ère byzantine et signale la Grèce comme le pays responsable de l’expansion de la culture vinicole en Europe.

En revanche, pendant les temps modernes, la Grèce sembla plutôt tourner le dos a Bacchus en s’affichant dans le monde comme l’élaborateur d’un étrange jus, d’un goût considéré jusqu’à quelques années de cela comme désagréable et ordinaire, appelé Retsina (vin blanc parfumé avec de la résine de pin, mieux évalué aujourd’hui). Par conséquent, on en sait peu sur les puissants, frais, sucrés et secs vins grecques, qui depuis les années 70 cherchent à reprendre leur place sur le marché mondial des vins.

Parmi les blancs, par exemple, on remarquera l’Assyrtiko, qui trouve sa meilleur expression sur l’île de Santorini ; le vin élaboré à partir de Vilana, principalement apprécié sur l’île de Crête ; le Roditis, produit en Macédoine, à Tracia et au Péloponnèse ; et les vins Retsina, Moscatel et Savatiano. Parmi les rouges, celui élaboré à partir du cépage Agiorgitiko, originaire de Nemea, au Péloponnèse, est l’un des jus les plus réputés du pays, le même qui pour sa couleur intense et son goût pénétrant mérite le titre de « sang d’Hercule ». De plus, à Hélias s’élaborent aussi des vins avec des raisins français comme le Cabernet Sauvignon, le Cabernet Franc (Côtes de Meliton, en Macédoine), le Grenache, le Syrah et le Chardonnay.

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