Être prêt pour l’arrivée du Beaujolais Nouveau

Par Isabelle Escande

Cette année, c’est décidé. Le Beaujolais Nouveau, vous n’allez pas le louper, mais surtout vous allez le voir arriver et vous serez prêt pour répondre aux questions que tout le monde se pose ce fameux troisième jeudi de novembre, mais que personne n’ose poser, en tout cas à voix haute. Car, oui la banane, le bonbon anglais, la fraise… C’est bien joli, mais le Beaujolais Nouveau, ce n’est pas que ça ! Voici 10 choses à savoir sur ce vin qui n’est pas toujours très bien compris, malgré le fait d’être célébré en grand dans le monde entier (oui oui). 

1. Le Beaujolais Nouveau, c’est quoi d’abord ?

C’est du 100% gamay ! Seul cépage autorisé pour l’élaboration du Beaujolais Nouveau. Des arômes de fruits rouges et noirs, mais aussi une touche florale. Précoce et productif, il donne des vins gourmands, avec une bouche fraîche et peu tannique

2. Et son goût de banane, il sort d’où ?

Ce goût bien particulier n’est pas dû au gamay en soi, mais à une levure autrefois utilisée lors de la vinification. Elle n’est plus aujourd’hui utilisée. Exit la banane dans le Beaujolais Nouveau !

3. Pourquoi on parle d’un vin primeur ?

On parle aussi de “vin nouveau”. Ce terme désigne un vin commercialisé, alors qu’il est encore très jeune, presque immédiatement après la récolte (deux mois environ). 

4. Il est bâclé ?

Les vignerons parleront plutôt d’une course contre la montre. Tout doit être prêt pour le troisième jeudi de novembre, le jour de son lancement, et cette échéance les obligent à redoubler de précision tout au long de son élaboration (des vignes jusqu’au chai) pour un résultat optimum. 

Et non, la vinification ne se fait pas en mode accéléré, mais selon une méthode beaujolaise qui permet d’extraire le maximum d’arômes en un temps record. On parle de vinification semi-carbonique. Première spécificité : les baies de gamay sont jetées entières dans la cuve. Au fond, le tassement des grappes libère du jus et les levures (naturellement présentes dans le raisin) commencent alors leur travail libérant du CO2. Le gaz carbonique remplace progressivement l’oxygène de l’air et les baies de raisins, situées dans la partie supérieure de la cuve, vont commencer à fermenter, mais à l’intérieur même de la baie, ce qui est propre à cette méthode ! Il en résulte une couleur et des arômes très particuliers. 

5. Dans un an, il est bon pour la cuisine ?

D’accord, il n’est pas fait pour faire ses vieux jours dans votre cave, mais il se garde quand même plusieurs mois. Vous pouvez patienter un peu et le déguster au printemps par exemple. Son profil fruité et gouleyant est parfait pour célébrer l’arrivée des beaux jours.

6. Avec quoi faut-il l’accompagner ?

Il est toujours bon de rester dans le local. Alors, avec une assiette de charcuterie de la région lyonnaise, vous avez tout bon ! Pâté en croûte, rosette, andouillette… Le choix est vaste. Et pour les amateurs de fromage, c’est la même chose : Saint-Félicien, Saint-Marcellin, etc. Un bon fromage du coin. Synonyme de convivialité, le Beaujolais est assez polyvalent à l’heure des accords culinaires. Il accompagne très bien les spécialités bourguignonnes, comme les oeufs en meurette, mais aussi les plats asiatiques épicés ou encore un dessert au chocolat. 

Les oeufs en meurette

7. Mais pourquoi le troisième jeudi de novembre ?

L’histoire remonte en 1951, il y a exactement 70 ans ! En 1951,une décision ministérielle interdit la vente de vins d’AOC avant le 15 décembre de l’année de vendange. Ça gueule dans le Beaujolais, car on y a l’habitude de sortir une partie de la production en vins nouveaux. La vente de vins primeurs est finalement acceptée. Mais pour pouvoir mieux s’organiser, les vignerons demandent une date qui est préalablement fixée le 15 novembre. Pour une question pratique (le 15 novembre tombe parfois un dimanche), la date est changée, en 1985, au troisième jeudi du mois de novembre.  

8. Une célébration franco-française ? 

Et ben non. Si le Beaujolais nouveau est fêté en grand dans toutes les caves et les bistrots gaulois, il est aussi très apprécié dans le reste du monde. Symbole de convivialité, ce vin léger et facile à boire s’exporte très bien chez les voisins européens, aux États-Unis et surtout en Asie qui voit arriver la moitié de sa production. Les Japonais, notamment, en sont très friands. Ils sont d’ailleurs les premiers (grâce au décalage horaire) à le déguster et à le célébrer en grande pompe ! 

9. Et le Beaujolais dans tout ça ?

Effectivement, le Beaujolais ne se réduit pas au Beaujolais nouveau, loin de là… Décrit comme « le plus sensuel des vignobles » selon la Revue du Vin de France, le Beaujolais s’étend sur 17 324 hectares d’un terroir très varié et ne compte pas moins de 12 appellations d’origine protégée dont 10 crus qui font sa réputation (Brouilly, Chénas, Morgon, Juliénas, Saint-Amour, etc.). Intenses et raffinés, avec chacun leur personnalité, ils offrent un excellent potentiel de garde.

10. Une dernière chose, pour briller un peu…

Le paradis, ça vous dit quelque chose ? C’est le nom donné au jus très aromatique et sucré (et pas acide du tout) qui sort du pressoir où les raisins, après la fermentation carbonique, ont été placés et pressés.

C’est bon, vous êtes prêt pour accueillir le Beaujolais nouveau comme il se doit cette année. Il ne vous manque plus qu’à le déguster maintenant ! Sur Drinks&Co, vous trouverez bientôt une référence signée Trenel, artisan liquoriste réputé pour ses crèmes également. Vous voulez du fruit ? Vous serez servi…

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