Comment déguster un vin ? Exercez votre nez à la maison !

Par Isabelle Escande

Pas la peine d’être un grand expert pour savoir apprécier une bonne bouteille ! Il suffit de quelques conseils pour commencer et prendre le temps de savourer le fameux nectar. Car personne n’est bon ou mauvais à cet exercice : il existe seulement des individus plus expérimentés que d’autres.  

S’informer pour apprécier

Lorsque l’on a quelques notions sur le vin, on prend plus de plaisir au moment de la dégustation. On reconnaît certaines infos et surtout on arrive à mettre des mots à des impressions. Ensuite, c’est un peu l’effet boule de neige : à chaque dégustation, on exerce son nez et on en apprend un petit peu plus.

Pas la peine de sortir un grand vin pour votre dégustation de vin ! Commencez avec votre vin de table. Privilégiez les monocépages, comme un gamay, un sauvignon ou un riesling 100% et mettez de côté, pour le début du moins, les coupages un peu complexes. Par contre, n’hésitez pas à goûter des vins des quatre coins du globe ! Pour comparer, savourer bien sûr et commencer à noter quelques différences…

Petits détails avant de commencer

Des conseils, pas obligatoires, mais qui aident à réaliser une dégustation au top ! Si vous avez le temps et l’envie…

La carafe

Carafer un vin jeune une heure avant d’être dégusté permet à celui-ci de bien libérer ses arômes. Par contre, évitez de le mettre en carafe s’il s’agit d’un vieux millésime, car le contact avec l’oxygène risque de l’abîmer et de détruire ses arômes. 

La bonne température

Ce n’est pas toujours évident à suivre, on vous l’accorde, mais pour l’info : il est préférable de consommer un blanc entre 7 et 12  degrés. La température de service d’un rouge, par contre, oscille entre 14 et 19  degrés (14  degrés pour un vin primeur et 18-19 degrés pour un millésime âgé). En règle générale, il vaut mieux servir son vin un peu trop froid que chaud, car il se réchauffe vite dans le verre. 

Le choix du verre

Choisissez un verre ample pour favoriser l’oxygénation et permettre que les arômes se libèrent et pour la même raison, ne servez pas votre verre à rabord ! Le verre moutarde est bien sûr interdit (là on est formels). Et si vous pouvez, essayer d’avoir des verres au cristal bien fin, c’est encore mieux. 

Les principales étapes de la dégustation

La vue

C’est la première étape. Avant de goûter un vin, observez-le quelques secondes et sa robe vous donnera quelques indications sur son âge

En inclinant légèrement votre verre, vous pouvez notamment observer la couleur du vin, ses reflets et son intensité. Sachez qu’un vin change de couleur avec l’âge. Les vins rouges ont tendance à perdre leurs pigments au cours des années. Donc, plus ils sont foncés, plus ils sont… jeunes ! 

Autre chose. Fixez-vous maintenant sur les reflets. Ils brunissent avec le temps. Les vins jeunes ont des éclats violets qui deviennent ensuite tuilés avec les années. Les blancs suivent la même évolution. 

Il existe d’autres informations qui peuvent être fournies par un simple examen visuel, mais elles ne sont pas infaillibles et il faut souvent les prendre avec des pincettes. Alors, on va en rester là pour une première dégustation. 

Le Nez

Allez ! Sans complexe. Faites-vous confiance. Sachez de toute façon qu’un vin est composé de 500 à 1000 molécules olfactives et qu’un dégustateur aguerri n’est capable que d’en identifier six ou sept, alors vous pouvez y aller… 

Le premier nez

L’étape olfactive se divise, en effet, en deux temps. Le premier nez consiste à sentir une première fois son vin sans l’avoir bougé au préalable. C’est là que s’affirment les possibles défauts du vin (bouchon, acidité marquée, etc.).

Le deuxième nez

Agitez le verre avec 6 ou 7 petites rotations pour que les molécules se libèrent. Là, vous verrez déjà la différence avec le premier nez… 

Sachez qu’on classe les arômes en trois grandes catégories : les arômes primaires (issus du cépage même), les arômes secondaires (dûs à la fermentation) et les arômes tertiaires (dûs à son élevage en fûts et en bouteille).

Mais au moment de vos premières dégustations, vous allez surtout pouvoir donner une impression générale à votre intuition olfactive. Le vin sera floral, fruité, épicé… Il s’agit de familles d’arômes plus que d’arômes en soi. 

Voici quelques-unes de ces principales familles :

Fruitée : elle a des sous-catégories (agrumes, fruits rouges, fruits exotiques, fruits noirs, etc.).

Florale : acacia, jasmin, etc.

Épicée : anis, cannelle, curry, gingembre, etc.

Végétale : On peut la diviser entre les végétaux secs (lavande, verveine, etc.) et les nuances de sous-bois (champignons, feuilles mortes, mousse, terre, etc.).

Boisée : cèdre, pin,

Animale : cuir, cire, etc.

Minérale : silex, iode, poudre, etc.

Empyreumatique : cacao, café, caramel, chocolat, pain toasté, etc.

Pâtissière : brioche, beurre, gâteau, levure, yaourt, etc.

La bouche

Pour votre première dégustation, concentrez-vous sur ce sens-là. Il est plus facile. Essayez de faire tourner un peu le vin dans votre bouche, car les capteurs pour l’acidité, l’amertume ou encore le sucré ne se situent pas aux mêmes endroits sur la langue ! 

Normalement la dégustation se fait par phase. Tout d’abord, l’attaque : c’est le premier moment où le vin entre dans la bouche. Vous pourrez juger de la puissance du vin. Ensuite le milieu de la bouche : quand les saveurs se déploient, l’acidité se perçoit et les tanins s’expriment pour les vins rouges. Et pour terminer : la finale. Le goût reste-t-il longtemps ?

Mais c’est pas toujours facile de diviser ce moment gustatif. Donc, pas de panique ! Amusez-vous à retrouver les arômes perçus au nez, puis concentrez-vous sur l’acidité, les tanins et l’intensité du vin (si la saveur dure longtemps dans la bouche).

Vous verrez que l’exercice n’est pas si difficile. En tout cas, vous arrivez toujours à trouver quelque chose et ça c’est toujours réjouissant !

Et voici quelques suggestions pour réaliser une dégustation de vins à la maison :

 TAGS:Domaine de Chaude Ecuelle Petit-Chablis Blanc 2018

Domaine de Chaude Ecuelle Petit-Chablis Blanc 2018

Un petit chablis 100% chardonnay, d’une grande fraîcheur et doté d’une touche minérale due au sol calcaire dont il est issu.

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